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Les Élections

Sara Hamaoui
il y a 7 heures
5 min de lecture

Le moment est venu d’élire un nouveau Premier ministre, et Israël est en plein bouleversement. Comme pour tous les autres enjeux politiques ou sociaux récents, tout le monde a leur opinion et chacun est prêt à tout avant d’admettre sa défaite.


Le Premier ministre Bibi Netanyahou est au pouvoir depuis novembre 2022, et parvenir à ce résultat n’a pas été facile. Pour ceux d’entre nous qui s’en souviennent, on avait l’impression que le pays tout entier allait sombrer dans l’anarchie avant qu’une décision ne soit prise, et la population commençait à perdre patience après cinq tentatives de vote. Mais pourquoi les choses se sont-elles déroulées ainsi? Pourquoi n’a-t-on pas simplement pu élire un dirigeant?


Le système démocratique en Israël fonctionne très différemment comparé a celui du Canada, et chaque année, je me retrouve à devoir faire des recherches à ce sujet une fois de plus. De nombreux facteurs entrent en jeu dans la formation d’un gouvernement israélien, mais je ne vais pas les aborder tous ici. Voici ce qu’il faut savoir:

Le gouvernement est dirigé par la Knesset, c’est-à-dire le Parlement israélien. Ses membres travaillent ensemble pour prendre des décisions concernant l’État, sous la direction du Premier ministre. Celui-ci est entouré de différents ministres qui dirigent les divers secteurs du gouvernement. Ils font tous partie de son cercle de proches collaborateurs, également appelé sa « coalition ». Alors, comment une coalition se forme-t-elle?


La Knesset est composée de nombreux partis différents, dont chacun détient un certain nombre de « sièges ». Ces sièges correspondent au nombre de représentants que chaque parti compte à la Knesset et qui disposent du droit de vote. Il y a 120 sièges au total. Le parti qui détient actuellement le plus grand nombre de sièges est le Likoud, celui de Bibi. Le Likoud est le plus grand parti de droite à la Knesset et, avec plusieurs autres partis, il détient la majorité des sièges au Parlement.


Une fois qu’un parti est élu, il doit former une coalition en nouant des alliances avec d’autres partis afin de constituer un gouvernement majoritaire. Cela signifie qu’il doit détenir plus de la moitié des 120 sièges, donc au moins 61. Le Likoud, qui dirige actuellement le gouvernement, ne détient que 36 sièges. Il s’est toutefois allié à plusieurs autres partis de droite pour former un gouvernement majoritaire. Une fois la coalition constituée, un dirigeant est choisi: c’est lui qui devient Premier ministre. La plupart du temps, le Premier ministre est le chef du parti arrivé en tête des élections, mais il arrive que des compromis soient nécessaires pour former une coalition et que la direction du gouvernement soit confiée à quelqu’un d’autre.


Lorsque les électeurs se rendront aux urnes le 27 octobre, ils ne voteront pas pour un Premier ministre, mais plutôt pour un parti. Ils ne peuvent qu’espérer que les coalitions qui se formeront correspondront à leurs valeurs politiques et que la direction du gouvernement qui en résultera ne changera pas radicalement.


Alors, quels sont les principaux partis pour les élections de 2026?

La figure la plus importante est, bien sûr, Bibi Netanyahou. Bibi a dirigé le pays pendant un total de 19 ans, de manière non consécutive, et n’a jamais quitté le parti du Likoud. Comme mentionné plus haut, le Likoud est un parti de droite qui défend le conservatisme et le sionisme et qui forme souvent des coalitions avec les partis religieux. Beaucoup apprécient Bibi: ils le considèrent comme un dirigeant fiable et éloquent, et aiment les relations qu’il a bien établies avec les États-Unis, tout comme sa ferme volonté de poursuivre la colonisation israélienne. Ils pensent qu’il comprend les enjeux de l’État et qu’on peut compter sur lui en temps de guerre.


Cependant, nombreux sont également ceux qui s’opposent à lui. Certains estiment qu’il accorde une place trop importante à la religion et que la séparation entre la religion et l’État n’est pas suffisamment marquée. Après qu’il s’est allié aux partis ultraorthodoxes haredim de l’extrême droite pour former une coalition, de nombreuses personnes ont cessé de soutenir Bibi, car elles estiment que les haredim bénéficient du soutien du gouvernement israélien sans contribuer suffisamment en retour. La question de la conscription des hommes haredim fait l’objet de débats particulièrement vifs en Israël depuis le début de la guerre, et le fait que Bibi les ait intégrés à sa coalition ne joue pas toujours en sa faveur. Certains estiment également qu’il aurait dû assumer la responsabilité des tragédies du 7 octobre et que le fait qu’elles se soient produites sous sa direction témoigne d’un manque de vigilance. Beaucoup ne lui font désormais plus confiance.


Un autre candidat important est Gadi Eisenkot, chef du nouveau parti Yashar. Gadi affirme vouloir former un gouvernement résolument centriste. Il est difficile de se situer au centre dans un pays aussi instable qu’Israël, où les partis extrêmes exercent une forte pression sur les deux camps. Eisenkot affirme soutenir les idées de la gauche, notamment la conscription de tous, ainsi que certaines libertés que la droite ne défend pas toujours. En tant qu’ancien Ramatkal (chef d’état-major général de l’armée israélienne), Eisenkot connaît bien l’armée et s’engage à soutenir les soldats tout en protégeant les citoyens du pays.

Cependant, il soutient également les idées de la droite en matière de colonisation et d’expansion des colonies en Judée-Samarie. Il s’agit probablement du deuxième sujet le plus controversé du pays, les opinions sur la colonisation étant profondément divergentes. Il est rare de voir un parti soutenir à la fois les colonies et la conscription des hommes religieux. Espérons que cette approche portera ses fruits et qu’il ne s’agira pas d’un autre rêve idéaliste.


À gauche, nous avons Yair Lapid, le chef du parti Yesh Atid. Lapid affirme qu’il ne ferait pas coalition avec les dirigeants arabes des partis de l’extrême gauche, alors même qu’il a déjà siégé au gouvernement avec eux et qu’il soutient une solution à deux États. Il croit en un État démocratique où tout le monde peut vivre ensemble, même si cela implique de céder une partie du territoire israélien pour créer un État palestinien. Il estime également qu’il faut renforcer la sécurité d’Israël.


Parmi les autres candidats importants, on trouve:

  • Benny Gantz, chef du parti Bleu et Blanc, un parti centriste axé sur le sionisme libéral.

  • Bezalel Smotrich, chef du Parti sioniste religieux, un parti d’extrême droite axé sur l’ultraconservatisme et le sionisme religieux.

  • Itamar Ben-Gvir, chef du parti Otzma Yehudit, connu pour ses positions extrémistes et incendiaires concernant le traitement des Arabes, la réponse au terrorisme, ainsi que l’expansion et la colonisation. Il représente certaines des tendances les plus radicales de la droite à la Knesset.

  • Mansour Abbas, chef du parti Ra’am, un parti islamiste qui défend une solution à deux États.

  • Yair Golan, chef du parti Les Démocrates, un parti situé à l’extrême gauche qui soutient le sionisme libéral.

  • Naftali Bennett, chef du parti Ensemble et ancien Premier ministre, aujourd’hui centriste, qui s’est allié à Yesh Atid.


Il existe bien sûr de nombreuses autres options et beaucoup d’autres personnalités importantes dans cette élection. Chaque candidat a mené de longues campagnes complexes, que nous avons résumées ici de la manière la plus simple possible.

Pour prendre une décision véritablement éclairée, il faudrait faire beaucoup plus de recherches sur les candidats et réfléchir sérieusement aux priorités que l’on souhaite voir défendues par ses dirigeants.


En attendant, bonne chance à tous, et allez-y voter!

 
 
 

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