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Israël sur le banc des accusés: l’Assemblée générale de l’ONU de 2026

Livia Mamane
il y a 6 heures
7 min de lecture

Le thème de l’Assemblée était: « Rétablir la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations Unies qui répond aux besoins de tous ». Mais qui est inclus dans ce « tous »?


L’Assemblée générale de 2026 a une fois de plus mis en évidence les lacunes de l’engagement des Nations Unies envers leurs propres principes fondateurs. Comment une institution peut-elle prétendre représenter impartialement la communauté internationale alors qu’Israël est constamment la cible de dénigrements sur la scène internationale?


La réadoption de la Déclaration et du Programme d’action de Durban ainsi que le départ de nombreuses délégations pendant le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou illustrent les contradictions de l’ONU. Ces événements remettent en question la sincérité de ses efforts en faveur de la paix. Pendant ce temps, l’annonce par le Canada d’une aide supplémentaire à la Palestine et sa proposition de restrictions commerciales visant les produits fabriqués dans les colonies israéliennes ont une fois de plus fait d’Israël un villain, transformant les pressions internationales exercées sur Carney pour qu’il s’impose sur la scène mondiale en mesures politiques et économiques préjudiciables.


Tout cela amène les communautés juives du monde entier à se poser la question suivante: la remise en cause disproportionnée et injuste de notre droit à disposer de notre propre État prendra-t-elle un jour fin?


Qu’est-ce que l’Assemblée générale des Nations Unies?


L’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) est le principal organe délibérant et représentatif de l’ONU. Elle est composée de 193 États membres, chacun disposant d’une voix, et son siège se trouve à New York. Parmi les responsabilités de l’AGNU figurent le maintien de la paix et de la sécurité internationales, la détermination du budget annuel de l’ONU, ainsi que l’admission, l’expulsion et la suspension des droits et privilèges des États membres. Chaque année, en septembre, l’Assemblée générale se réunit pour débattre de ces questions et formuler des recommandations, tout en établissant le budget de l’année à venir.


L’Assemblée générale repose sur le vote majoritaire, tandis que les alliances politiques et les dirigeants désignés peuvent compromettre l’équité internationale. Lorsqu’une résolution est adoptée, le résultat reflète la position des États qui ont voté en sa faveur ; il ne suffit pas, à lui seul, à établir la validité juridique ou morale de chacune des affirmations qu’elle contient. Ce fait a permis à maintes reprises aux dictatures les plus répressives du monde de remettre ouvertement en question l’existence d’Israël. Pour comprendre la controverse entourant Israël lors de la plus récente Assemblée générale de l’ONU en 2026, il est nécessaire d’aller au-delà des résultats des votes et d’examiner précisément ce que les États membres approuvent.


La Déclaration de Durban antisémite de l’ONU toujours en vigueur


La Déclaration et le Programme d’action de Durban (DDPA) ont été adoptés en 2001, à la suite de la Conférence mondiale contre le racisme tenue à Durban, en Afrique du Sud. Son objectif déclaré était de lutter contre le racisme et la discrimination et de protéger les droits humains universels. Pourtant, la conférence est devenue tristement célèbre pour les propos antisémites et anti-israéliens qui y ont été tenus, Israël y étant présenté comme un État raciste, pratiquant l’apartheid et commettant un génocide. Une initiative censée combattre la discrimination est ainsi devenue elle-même une tribune permettant de la promouvoir. Son adoption a donné lieu à des éloges adressés à Hitler, à l’assimilation du sionisme au racisme et au harcèlement de participants juifs à la conférence de Durban. Vingt-cinq ans plus tard, cette déclaration revient sur le devant de la scène, ayant été commémorée à l’Assemblée générale, alors même qu’Israël se retrouve plus isolé que jamais.


Le vote du 12 octobre 2026 a ravivé ces préoccupations non résolues. Lors de l’Assemblée générale, pas moins de 95 États ont soutenu une déclaration politique visant à mettre en œuvre la DDPA, tandis que cinq ont voté contre et 37 se sont abstenus. Il est profondément inquiétant de constater qu’une initiative qui a initialement favorisé un climat antisémite bénéficie aujourd’hui d’un soutien aussi important. Cela banalise les prétentions de cette initiative à contribuer à l’élimination des différentes formes de haine et démontre que la protection des personnes juives est considérée comme une priorité tout à fait négligeable.

Pour les communautés juives, la préoccupation est la suivante: une institution qui s’engage à lutter contre la discrimination et à préserver la paix internationale doit également s’attaquer à l’antisémitisme et aux mouvements terroristes anti-israéliens lorsqu’ils se manifestent dans ses propres instances.


Le discours de Netanyahou et le départ des délégations


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou s’est présenté à la tribune lors de l’Assemblée générale de 2026 afin de s’adresser courageusement à la communauté internationale, tout en cherchant à rallier l’opinion publique israélienne à l’approche des prochaines élections dans son pays. Il a critiqué la Turquie, l’Iran et le Qatar pour leur soutien au terrorisme et dénoncé l’hypocrisie des Nations Unies, tout en défendant le droit d’Israël à protéger son territoire et ses citoyens. Malheureusement, alors qu’il s’apprêtait à prononcer ce discours percutant, de nombreuses délégations ont réagi avec hostilité. Elles ont quitté la salle.


Ce départ collectif, organisé pour manifester leur opposition au gouvernement de Netanyahou, envoie un message clair à Israël et à ses partisans: une diplomatie internationale équitable reste difficilement accessible lorsque ceux qui s’opposent à une partie choisissent de ne pas écouter son point de vue. Lorsqu’une institution fondée sur les idéaux de négociation, de coopération et de paix durable privilégie plutôt l’obstruction et la condamnation sans appel des gouvernements, ces principes fondateurs semblent perdre toute leur signification.


Le Premier ministre Carney à l’ONU: où vont les impôts des Canadiens?


Lors de l’Assemblée générale de 2026, le Premier ministre Mark Carney a annoncé une aide supplémentaire de 100 millions de dollars à la Palestine, qui s’ajoute aux 500 millions de dollars versés depuis 2023. Selon les informations présentées dans le texte d’origine, la majeure partie de cette aide aurait financé l’UNRWA et ses employés impliqués dans des activités terroristes. Cette nouvelle promesse comprend 80 millions de dollars d’aide humanitaire et 20 millions de dollars destinés au renforcement des capacités en matière de paix et de sécurité. Carney a également réaffirmé l’intention du Canada d’imposer des restrictions commerciales visant les produits israéliens fabriqués en Cisjordanie.

Dans une tentative d’accroître son influence sur la scène internationale, le gouvernement de Carney a dénoncé l’« expansion des colonies » israéliennes tout en minimisant les préoccupations d’Israël en matière de sécurité. Il a également envoyé de l’aide à Gaza sans aborder la responsabilité du Hamas dans le déclenchement de la guerre. Les restrictions commerciales proposées devraient être soumises au même examen critique. Le Canada présente ces restrictions comme une réponse ciblée aux actions du gouvernement israélien plutôt que comme un boycott général d’Israël. Ces sanctions économiques ne tiennent pas compte de l’engagement déclaré du Canada en faveur de la sécurité d’Israël et accentuent la polarisation politique. Il est très peu probable que Carney mette en place des garanties suffisantes pour s’assurer que cette aide parvienne aux bénéficiaires auxquels elle est destinée. Les contribuables canadiens devraient pouvoir savoir où va leur argent, s’il parvient réellement aux civils et s’il contribue à faire avancer la paix ou à renforcer les acteurs qui perpétuent le conflit.


Comme nous l’avons déjà constaté au cours des trois dernières années, le manque de contrôle exercé par le Canada entraîne le versement de millions de dollars à un système qui nuit à sa propre population civile et permet aux dirigeants terroristes de conserver le pouvoir. Les fonds publics canadiens devraient servir à apporter une aide humanitaire et à bâtir un avenir plus sûr, et non à financer la corruption et le terrorisme aux dépens d’Israël.


Le deux poids, deux mesures d’António Guterres


Lors de l’Assemblée générale de 2026, le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a décrit la situation à Gaza comme l’une des pires crises humanitaires dont il ait été témoin au cours de son mandat. Cette affirmation, présentée ici comme totalement fausse, ignore les crises humanitaires dévastatrices qui continuent de se dérouler partout dans le monde et dont certaines semblent avoir échappé à son attention.


Hillel Neuer, directeur général d’UN Watch, a contesté cette caractérisation de Guterres en attirant l’attention sur les massacres de masse et les catastrophes humanitaires au Soudan, en Syrie, en Ukraine, au Yémen, en Éthiopie et au sein des communautés ouïghoures de Chine. L’ampleur de ces conflits, largement ignorés, remet en question la comparaison générale du secrétaire général, puisque la même urgence ne semble manifestement pas être accordée aux souffrances vécues ailleurs. Neuer a également souligné le contexte dans lequel la guerre a commencé: le massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel environ 1 200 personnes ont été tuées en Israël. La condamnation formulée par Guterres n’a pas tenu compte du rôle du Hamas dans le déclenchement de la guerre ni de l’objectif déclaré d’Israël, qui est de démanteler cette organisation terroriste. Se concentrer exclusivement sur Israël occulte les actes qui ont provoqué le conflit.


Israël se retrouve constamment au centre des condamnations d’une institution qui se réclame des droits humains universels, mais qui ne démontre pas l’universalité de ces principes dans la pratique. Les droits humains ne peuvent pas être universels en théorie tout en faisant l’objet d’une attention sélective.


La riposte: ADL, AJC, SWU, UJA, WJC, YU et d’autres organisations


Alors que la haine antisémite et anti-israélienne faisait rage dans les couloirs de l’ONU, des organisations juives et des organismes de lutte contre la haine faisaient entendre leurs propres revendications à l’extérieur de ses portes. Le 23 septembre, une vaste coalition d’organisations juives et de groupes de défense des droits a organisé un rassemblement à New York réunissant environ 1 000 participants, qui portaient la voix des Juifs des États-Unis et du monde entier.


Les organisations participant au rassemblement ont appelé les dirigeants politiques à combattre le fléau de l’antisémitisme, à renforcer la sécurité des communautés juives et à éliminer les préjugés institutionnels à l’égard d’Israël. Parmi les participants figuraient des survivants de l’attentat terroriste de Bondi Beach et de l’attaque contre le festival de musique Nova, rappelant ainsi à l’ONU que les débats sur l’existence d’Israël ne se limitent pas aux diplomates et aux gouvernements. Ils ont des conséquences tragiques pour les communautés juives du monde entier. Les participants au rassemblement ont montré comment les critiques politiques avaient franchi une ligne dangereuse en recourant à des stéréotypes antisémites, en tenant les communautés juives collectivement responsables du conflit au Moyen-Orient et en appliquant aux Juifs des deux poids, deux mesures discriminatoires qui ne seraient pas appliquées à d’autres groupes.


Les Nations Unies se sont depuis longtemps éloignées de leur mission autrefois honorable, négligeant des crises mondiales urgentes pour mieux désigner, à maintes reprises, le seul État juif au monde comme cible. Ce faisant, elles ont encore davantage détruit le peu de confiance qu’elles conservaient auprès des communautés juives. Si l’ONU espère remédier à cette situation, elle doit s’engager véritablement en faveur de la paix et des droits humains pour tous.

 
 
 

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