DVAR TORAH Oct. 2026
Du début du mois d’Eloul jusqu’à la fin de Souccot, les synagogues du monde entier récitent plusieurs fois par jour le psaume 27 des Tehillim. Je me suis souvent demandé ce qui rend ce passage si important que nous le récitons plus que toute autre prière particulière durant cette période. Nous ajoutons souvent des prières propres à certaines fêtes, mais c’est la seule période où un même passage est récité pendant plus d’un mois : avant les fêtes, pendant celles-ci et dans les jours qui les séparent. J’ai entendu quelques réflexions sur ce psaume et son lien avec les grandes fêtes que j’aimerais partager.
Le psaume s’ouvre sur les mots L’David Hashem Ori, « De David : Hachem est ma lumière ». Le roi David affirme qu’Hachem est sa lumière en ce monde. La lumière évoque l’espoir, la clarté et la confiance en l’avenir, ce qui rejoint à merveille le début d’Eloul, le dernier mois du calendrier juif. À l’approche de Roch Hachana, Eloul est un temps d’introspection, et cette démarche peut faire peur. Lorsque nous portons un regard honnête sur nous-mêmes et sur notre conduite au cours de l’année écoulée, nous pouvons y voir bien des erreurs, des regrets et peut-être même ressentir une profonde culpabilité. Voilà pourquoi les premiers mots du psaume sont si essentiels à notre état d’esprit. Hachem est notre lumière. Si nous cherchons à nous rapprocher de Lui au cours des semaines à venir et nous engageons à devenir meilleurs, ces sombres regrets peuvent se transformer en une lumière qui nous guidera dans l’année à venir.
Le mot qui suit immédiatement est V’yishi, « et mon salut ». Une fois que nous reconnaissons l’espoir qu’Hachem nous offre, nous devons agir et nous engager à nous améliorer. Mais nous ne pouvons pas y parvenir seuls. Nous devons placer notre confiance en Hachem, qui nous pardonne à l’approche de Yom Kippour, le jour où nous prions pour la paix, la rédemption et le salut ultime du peuple juif.
Quelques versets plus loin, le psaume affirme qu’Hachem nous abritera dans Sa soucca. Après les jours empreints de solennité de Roch Hachana et de Yom Kippour, notre relation avec Hachem passe de Malkeinu, notre Roi, à Avinu, notre Père. Il nous entoure et nous protège entre les parois de la soucca, nous comblant d’amour, de confiance et de joie avant que nous prenions la route de l’année à venir.
Maintenant que cette période est passée, comment préserver ces sentiments et les faire vivre pendant plus d’un mois sans aucune fête ? Je crois que les parachiot hebdomadaires que nous lisons en ce moment viennent compléter ces idées à merveille. Nous découvrons les récits remarquables de nos patriarches, Avraham, Yits’hak et Yaakov, qui incarnent chacun ce que signifie être un véritable serviteur d’Hachem.
Avraham venait d’une famille d’idolâtres, aussi éloignée d’Hachem qu’on pouvait l’être. Contre toute attente, il a trouvé cette lumière, Ori, dont parle le roi David. Il a cherché la lumière qui emplit le monde jusqu’à ce qu’il trouve Hachem.
Avraham a transmis cette lumière à son fils Yits’hak, qui a traversé ce qui fut peut-être la plus grande épreuve de foi jamais connue : accepter de s’offrir en sacrifice à Hachem. L’engagement de Yits’hak occupe une place centrale dans nos prières de Roch Hachana et de Yom Kippour. Nous rappelons son dévouement et y puisons l’inspiration pour renouveler notre engagement envers Hachem. C’est précisément cet engagement et ce sacrifice qui mèneront finalement à Yishi, notre salut.
Enfin, la lumière d’Avraham et l’engagement de Yits’hak ont été transmis à Yaakov. Père des douze tribus d’Israël, Yaakov avait pour mission de bâtir la nation et d’en établir les fondements. Sans nation, il n’y a personne à abriter. Yaakov a constitué le peuple qui servirait Hachem, un peuple qu’Hachem protégerait sous Sa soucca.
Alors que nous entrons dans la nouvelle année, nous devons garder avec nous les enseignements des grandes fêtes. Comme Avraham, nous commençons par chercher la lumière, animés d’un désir sincère de grandir et d’approfondir notre vie spirituelle. Comme Yits’hak, nous devons prendre cet engagement et accepter les sacrifices qui l’accompagnent souvent. Et comme Yaakov, nous bâtissons, dans nos foyers, nos familles et nos communautés, quelque chose qui soit digne de la protection d’Hachem. Lorsque nous montrons à notre Roi que nous sommes véritablement engagés sur cette voie, Il nous répond non seulement comme un Roi, mais aussi comme un Père, nous enveloppant de la même chaleur, du même réconfort et de la même protection qu’un père offre à ses enfants. Puissent la lumière que nous avons trouvée en Eloul, le salut pour lequel nous avons prié à Yom Kippour et la protection que nous avons ressentie dans la soucca nous accompagner chaque jour de l’année à venir.



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